Une Journée Céréales riche d’enseignements

HAROPA - Port de Rouen a organisé ce jeudi 12 avril sa 29ème Journée Céréales. Les exportations françaises, les enjeux internationaux et la place du Port de Rouen dans la filière étaient au programme de la matinée qui a réuni de nombreux acteurs du secteur.

La 29ème édition de la Journée Céréales de HAROPA - Port de Rouen a rassemblé quelque 180 personnes, jeudi 12 avril 2018, à l’Espace Vue sur Seine à Rouen. La matinée a débuté avec une intervention de Jean-François Loiseau, agriculteur de profession, et président de l'interprofession InterCéréales et de la coopérative Axéréal (Région Centre). Sa présentation a montré l'importance de l'export sur la filière céréalière française et les opportunités qui s'ouvrent à elle, malgré l'impact de la mauvaise campagne 2016/2017. Selon Jean-François Loiseau, « la France peut reprendre des parts de marché car elle possède 4 atouts : la qualité de ses productions, une logistique performante, un climat tempéré et la confiance des partenaires de la filière ».

ATTENTES DES CLIENTS

Un défi qui passe par l’adaptation de la filière aux attentes des clients. « Il faut aussi remettre de la valeur dans le produit » a déclaré l’intervenant. Les agriculteurs français produisent environ 70 Mt de céréales chaque année, dont plus de la moitié de blé tendre. Le marché intérieur absorbe en moyenne 28 Mt et l’exportation 36 Mt.
Roland Guiragossian, de l’organisme France Export Céréales, a ensuite dressé un état des lieux des exportations françaises vers l’Algérie, le Proche et Moyen-Orient. Dans cette région du monde, la production locale est insuffisante (manque d’eau) et les importations demeurent vitales. L’Algérie reste le premier client de la France avec une moyenne annuelle de 4 Mt de blé achetées. La part de marché française y a cependant diminué ces dernières années en raison de la concurrence de pays comme l’Argentine ou l’Allemagne. Les perspectives de croissance existent néanmoins pour la France dans cette région, grâce à l'augmentation probable de la consommation de blé en lien avec la hausse démographique.

HAROPA - PORT DE ROUEN MOBILISE POUR SOUTENIR LA FILIERE

Les échanges se sont poursuivis avec une table-ronde axée sur les impacts de la mauvaise récolte 2016 et les moyens pour aller de l’avant. Un leitmotiv est revenu : celui de « professionnaliser encore la filière et la chaîne logistique ». Le secteur doit se réorganiser et retrouver de la compétitivité. La réussite française passera également par l’innovation, la recherche de valeur ajoutée et l’amélioration de qualité des productions agricoles hexagonales.
Nicolas Occis, Directeur Général de HAROPA - Port de Rouen, a détaillé les actions entreprises par l’établissement public afin de contrer les effets de la mauvaise campagne et lutter contre la concurrence. Le Port de Rouen conçoit son rôle « comme un soutien actif de la filière ». Cet appui se décline à travers l’amélioration des infrastructures, la baisse des tarifs de droits de port et le développement des pré et post-acheminements. « Nous travaillons sur tous les leviers à notre disposition. Dans notre domaine portuaire, nous avons l’habitude, mais nous essayons d’agir sur des volets plus terrestres, pour faciliter le lien avec l’hinterland ».
La Journée Céréales 2018 s’est conclue avec l’intervention de Christophe Dequidt, auteur du livre « Tour du monde des moissons ». Ce formateur en agriculture a parcouru une quinzaine de pays en dix-huit mois afin de voir comment travaillent les agriculteurs céréaliers à travers le monde. De cette aventure, il a tiré des enseignements précieux et optimistes pour la filière nationale. « La France possède les meilleures organisations de filières au monde. Mais il devient urgent de mettre en place un nouveau modèle agricole pour gagner en compétitivité ».