Sahurs, la renaissance d’un écosystème

Sahurs, la renaissance d’un écosystème

Le Service Environnement de HAROPA - Port de Rouen a présenté aux habitants du village un projet de restauration écologique d’un site dénommé « les Petits Saules », d’une surface de 3,5 ha situés en bord de Seine à Sahurs et gérés par le Port.

Une réunion publique consacrée au devenir du site des « Petits Saules » s’est tenue début avril, à la salle polyvalente de Sahurs. Initiée par le service Environnement de HAROPA - Port de Rouen, la rencontre a permis de présenter aux riverains un projet dit de restauration écologique, qui va être lancé cet automne au lieu-dit des « Petits Saules », également appelé «Trou de Sahurs ». Le Port de Rouen est gestionnaire de ce site de 3,5 hectares, qui longe la vélo-route sur la rive droite de la Seine, à l'extrémité d'un méandre et en bordure de la forêt de Roumare.
Thierry Jouenne, maire de la commune, a introduit la réunion et présenté les enjeux des aménagements envisagés. Sandrine Samson, chef du Service Environnement du Port de Rouen, a pris le relais et replacé le projet dans son contexte, à savoir, celui d’une mesure environnementale d’accompagnement du projet d’amélioration des accès maritimes de HAROPA - Port de Rouen. Claire Bertolone, chargée d’études en environnement, a ensuite détaillé le projet dans sa finalité et son déroulement avec le calendrier prévisionnel. Enfin, Marc Blaise, paysagiste d’Atelier des Paysages, a affiné la présentation en déclinant les aspects paysagers, visuels, pédagogiques et techniques du futur chantier. Henri-Joël Gboho, responsable du Service Territorial de Rouen, et un représentant du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande, Florian Rozanska, assistaient également à la rencontre.
 
PERTE DE BIODIVERSITE
 Le site « des Petits Saules » fait partie des 6 sites répartis le long de la Seine pour lesquels des actions de restauration écologique sont prévues dans le cadre des mesures environnementales d'accompagnement du projet d’amélioration des accès nautiques de HAROPA - Port de Rouen. Le site retenu correspond à un ancien « trou » de la Seine, actuellement connecté ponctuellement au fleuve via deux buses. Le comblement progressif de cet espace, par le dépôt de matériaux alluvionnaires, a entraîné dans un premier temps le développement d’habitats humides intéressants, marais et roselière en particulier. Depuis plusieurs années, un phénomène d’atterrissement est cependant observé et avec pour conséquences une fermeture du milieu (densification de la végétation), synonyme d’une perte de biodiversité tant végétale qu’animale.
La restauration envisagée vise une réouverture du milieu, couplée à une amélioration de la connexion hydraulique avec le fleuve, permettant la création d’une circulation hydraulique Nord/Sud à l’intérieur du site, parallèle à la Seine, dans une annexe hydraulique. En amont, un diagnostic faunistique et floristique a été réalisé en 2013 afin d’identifier avec précision les enjeux et le potentiel écologique des lieux. En 2016, deux scénarios de restauration écologique ont été approfondis avec leurs conséquences hydrauliques et sédimentaires, tout en intégrant la dimension paysagère. Le choix concerté d’un scénario a ensuite conduit à l’élaboration d’un avant-projet technique présenté aux riverains et aux élus salhuciens. 

COMITE DE SUIVI
Les travaux vont comprendre d’importants débroussaillages et terrassements avec un reprofilage des berges en pentes douces du nouveau chenal de circulation Nord-Sud des eaux, réalisé à l’intérieur du site. Deux mares seront créées, la buse à l’aval sera comblée et la pose d’un nouvel ouvrage hydraulique est prévue à l’extrémité Nord, pour redonner au site son rôle d’annexe hydraulique. Le long de la vélo-route, les arbres en mauvais état seront abattus et des plantations d’arbres et d’arbustes seront prévues à l’intérieur du site, en ripisylve du nouveau chenal de circulation Nord-Sud des eaux et en pied de digue (à 5 m), afin de prendre progressivement le relai de la lisière de vieux saules existants le long de la vélo-route. Il est aussi prévu une reprise de la vélo-route à l’issue des travaux en cas de dégradation.
Les matériaux générés par le chantier (bois et terres excavées) seront valorisés au maximum. A noter aussi, la démarche partenariale de ce projet qui comprend un comité de suivi mis en place dès 2013, associant les services de l’Etat concernés, le Parc des Boucles de la Seine Normande, la commune de Sahurs, des associations de protection de l’environnement et de riverains, l’Agence de l’Eau, le GIP Seine-Aval… Les différentes études réalisées pour ce projet se chiffrent à 90 000 €. Le montant des travaux est estimé à environ 1,1 M€, sans compter la pose sur le site de panneaux d’information destinés au public.

ANCIEN PORT DU VILLAGE
A l’issue de l’exposé, les questions de l’assistance ont permis de préciser certains points du chantier, ainsi que son déroulement qui va s’étaler sur deux années. Les intervenants du Port de Rouen ont précisé vouloir prendre toutes les mesures nécessaires afin de limiter au maximum la gêne occasionnée aux riverains, aux agriculteurs ainsi qu’aux utilisateurs de la vélo-route. Un habitant, fin connaisseur du site, a précisé que « le Trou de Sahurs » se trouve à l’emplacement de l’ancien port du village. Un port qui comprenait deux formes de radoub*. « Elles ont été utilisées jusqu’aux années 1947/1948 pour la construction de gribanes », précise le Salhucien féru d’histoire locale, qui préconise, en cas de découvertes archéologiques, de valoriser les éventuels vestiges du passé fluvial de Sahurs. Une remarque prise en compte par les responsables de HAROPA - Port de Rouen présents.

* Bassin permettant l'accueil de navires et leur mise à sec pour leur entretien, leur carénage (ou radoub : réparation de la coque d'un navire, nettoyage, peinture…), leur construction, voire parfois leur démantèlement.